Infos Mai 2007
Le président Alvaro Uribe Vélez n'a pas voulu confirmer ni réfuter, la possible libération du guérillero Rodrigo Granda, considéré le "conseiller" des FARCs.Une source de la Maison de Nariño a confirmé à Radio Caracol que Granda serait remis en liberté, "comme geste unilatéral du gouvernement".Le président a dit, dans une conférence de presse transmise par la télévision publique, que "le pays connaîtra rapidement la vérité" sur le processus de libération des guérilleros, qui constitue un geste pour inciter les FARCs à prendre une décision semblable pour les kidnappés.
Croisade pour Emmanuel:
Le président Uribe a annoncé, d'autre part, qu'il avait donné des instructions au vice-président Francisco Santos pour qu'il entame une grande croisade internationale pour la liberté d'Emmanuel, le fils de l'ex candidate à la vice-presidence Clara ROJAS, compagne d'infortune d'Ingrid Betancourt, kidnappées par le FARC en février 2002.
Commentaire:
Clairement, le président colombien attend (nous également), comme geste en retour, la libération par les FARCs du jeune Emmanuel et de se mère Clara (on n'imagine pas l'un sans l'autre).Sous peine de se retrouver isolés, les FARCs ne peuvent plus camper sur leur position d'exigence d'une zone démilitarisée, sans rien faire d'autre. Ils doivent faire ce geste significatif qui leur permettra d'entamer un dialogue et donc, de relancer cette demande ultérieurement, éventuellement sous une autre forme.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc-guérilla marxiste) ont demandé au président français Nicolas Sarkozy d'intervenir en faveur de la création d'une zone démilitarisée pour négocier un échange de prisonniers, notamment d'Ingrid Betancourt."Les Farc répètent à nouveau au président Nicolas Sarkozy et au peuple français leur engagement formel à parvenir à un échange de prisonniers pour lequel la démilitarisation des municipalités de Florida et de Pradera (sud-ouest) est indispensable", écrit Raul Reyes, le numéro deux des Farc, dans un communiqué publié jeudi par l'agence de presse Anncol (proche de la guérilla).Qualifiant le président colombien Alvaro Uribe d'"ennemi acharné de l'échange" humanitaire, M. Reyes estime que les bons offices de Nicolas Sarkozy "seront déterminants pour obtenir le retour chez elle de Mme Ingrid et d'autres prisonniers" susceptibles d'être échangés.
Commentaire:
Cette insistance à obtenir cette zone démilitarisée aurait-elle d'autres raisons que stratégiques. Si elle ne doit être démilitarisée que pendant au plus 45 jours, à l'évidence, elle ne peut pas être véritablement stratégique, alors? Se poser les bonnes questions permettrait peut-être de négocier différemment avec les FARCs. Si l'annonce du président Uribe d'une prochaine libération de guérilleros se concrétise, les FARCs risquent de n'avoir plus rien à négocier, donc, de tout perdre.
Le président colombien, Alvaro Uribe, a ordonné hier le sauvetage militaire des otages aux mains des FARCs, bien qu'il ait aussi réaffirmé sa décision de libérer des FARCs actuellement emprisonnés pour que la guérilla libère les politiciens et policiers qu'elle maintient dans son pouvoir.La discussion sur la façon d'obtenir la libération des otages aux mains des FARCs a été relancée après l'évasion du policier Jhon Pinchao, et de ses révélations sur d'autres otages et les conditions dans lesquelles ils vivent, au milieu de la forêt."Nous n'entrerons pas dans le petit jeu de ces bandits des FARCs, il n'y aura pas de démilitarisation. Qu'ils abandonnent l'idée, ces bandits, qu'il puisse y avoir des zones démilitarisées. Messieurs les généraux : nous allons délivrer Ingrid Betancourt ", a affirmé Uribe sur un ton énergique.
Commentaire:
Le scénario que nous pressentions dans notre commentaire d'hier se précise plus rapidement que prévu. Ce n'est pas la conversation téléphonique avec le président Sarkosy qui a modifié les intentions déjà affichées du président Uribe, ou alors...voir l'info du 27/04/2007.Afin de tempérer les craintes que peuvent provoquer cette annonce, il convient de noter que ce type d'annonces fracassantes n'est pas rare lors des interventions du présidebt Uribe, et que leur but est parfois bien autre que celui exposé.Il n'a pas omis lors de cette déclaration d'évoquer le cas des américains détenus par les FARCs: "on a demandé au Congrès des Etats-Unis de lever les doutes, parce que nous allons aussi procéder au sauvetage militaire des trois américains aux mains de la guérilla".Cette phrase n'est pas anodine, elle est bien à l'intention du Congrès américain qui, à notre connaissance bloque toujours le TLC au plus grand dam du président Uribe. Ce serait une sorte de moyen de pression (qui ne sera pas explicité ici) comme il en use fréquemment quand il veut obtenir un avantage.Curieusement, on constate que les FARCs, par leur attitude, apportent une aide efficace au développement de la politique de leur ennemi déclaré. Si çà continue, ils ne vont pas tarder à bien s'entendre.
Le Secrétaire des FARCs, Raúl Reyes, a donné la position que son organisation avait adoptée à propos de l'offre récente du président Álvaro Uribe de libérer des guérilleros des FARCs, et sur les faux espoirs produits à l'extérieur, surtout dans les pays oeuvrant en faveur de l'échange.Raúl Reyes a indiqué: "Nous ne voulons pas faire le jeu d'Uribe en parlant de sa farce sur la libération de 300 guérilleros. En fait, il tente avant tout de tendre un rideau de fumée pour se protéger de l'ouragan appelé Narco-para-polítique, alors que chez les FARCs, nous continuerons à attendre la démilitarisation des deux communes (Pradera et Florida) pour entamer les conversations sur l'échange ".Les FARCs ont insisté sur la démilitarisation des communes de Pradera et de Florida dans le département de la Vallée du Cauca, comme emplacement de rencontre pour discuter sur l'échange des prisonniers de guerre de part et d'autre. La Guérilla a accepté que cette zone serve de lieu de rencontre avec le sénateur Farr et les autres parlementaires américains qui ont manifesté leur disposition à dialoguer avec les FARCs.Le gouvernement du président Álvaro Uribe maintient au contraire sa position de ne pas effectuer la démilitarisation des communes sollicitées et a ordonné qu'à chaque fois que l'occasion se présenterait, on tente le "sauvetage militaire" des prisonniers aux mains des FARCs, ordres qui ont été impossibles à accomplir jusqu'à présent.
Commentaire:
Comme toujours dans cette affaire, une mauvaise nouvelle succède à une bonne.La réaction des FARCs semble montrer que le seul but recherché dans leur offre de négociation est d'obtenir la démilitarisation de la zone demandée, et que contrairement à leurs affirmations, le sort des prisonniers, tant ceux issus de leurs rangs que ceux qu'ils détiennent, leur est parfaitement indifférent.Leur position semble donc confirmer ce que prétend le gouvernement colombien, à savoir que leur apparente volonté de dialogue cache en fait une stratégie militaire.Cette réponse qui apporte de l'eau au moulin de leur adversaire, manque singulièrement de subtilité.Si le gouvernement colombien libère effectivement les guérilleros détenus, sans contrepartie, que restera-t-il aux FARCs à négocier?...rien. Qui pourra tenter de relancer un dialogue?...personne. Quelle solution restera-t-il pour tenter de libérer les otages?... la force. Qui aura gagné?
Ingrid Betancourt et trois otages américains retenus avec elle sont vivants, a assuré mercredi l'un de leurs compagnons de captivité, un sous-officier de la police qui a réussi à échapper aux guérilleros des FARC."La dernière fois que je les ai vus, c'était le 28 avril cette année", a affirmé ce policier, John Frank Pinchao Blanco, interrogé lors d'une conférence de presse à Bogota sur le sort de Betancourt et des Américains.Dans son groupe, a-t-il dit, se trouvaient Ingrid Betancourt, les trois Américains, l'ancien sénateur Luis Eladio Perez, et sept autres policiers. Le 28 avril "a été la dernière occasion où j'étais en compagnie des trois nord-américains, Keith, Tom, Mark. Mark a maintenant des problèmes d'hépatite", a-t-il ajouté.Pinchao a aussi indiqué qu'il avait rencontré, toutefois sans donner de date précise, l'adjointe d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, au moment où les prisonniers avaient été séparés en petits groupes. "Pendant la marche de séparation, j'ai vu Clara et je l'ai simplement saluée", a-t-il dit en confirmant qu'elle avait eu un enfant avec un guérillero des FARC. "Elle a eu un enfant qui aujourd'hui doit avoir plus ou moins trois ans. Je sais seulement qu'il s'appelle Emmanuel", a-t-il ajouté.L'ex-otage a encore raconté que les camps de prisonniers de la guérilla étaient souvent détectés par l'armée colombienne, ce qui les forçait à fuir. "En plusieurs occasions, nous avons eu des hélicoptères (militaires) au-dessus de la tête et avons chanté victoire", a-t-il encore raconté, confirmant ainsi la réalité de l'option militaire choisie par le président Alvaro Uribe pour la libération des otages. "Mais, a-t-il ajouté, nous savions aussi ce que signifiait la libération par la force. Les guérilleros nous avaient averti qu'en cas d'impossibilité de fuite, ils devaient nous tuer". Les séquestrés "sont déjà résignés à mourir d'une balle de guérillero ou pendant la libération par la force publique", a assuré le sous-officier.
"Nous invitons les FARCs à répondre à la proposition du président Alvaro Uribe, dans un esprit constructif", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi. "Les autorités françaises n'ont cessé d'appeler à la libération de tous les otages, dont bien évidemment Ingrid Betancourt", a rappelé le porte-parole, en soulignant que "toute initiative qui peut aller dans le sens de cet objectif ne peut être que bienvenue".Le président Uribe s'est dit vendredi prêt à une "libération massive" de prisonniers membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARCs) en échange de leurs otages, tout en refusant de créer la zone de démilitarisation réclamée par la guérilla.
Le Haut Commissaire pour la Paix, Luis Carlos Restrepo, a annoncé que par ordre du président Alvaro Uribe, on allait rechercher le plus rapidement possible les mécanismes légaux permettant d'effectuer une libération massive de guérilleros des FARCs emprisonnés.L'idée est que ces personnes libérées soient transférées en principe en un lieu spécial, aux soins de l'église Catholique, cependant avec l'engagement qu'ils ne commettront pas de délit à nouveau.Le commissaire a dit qu'après cette étape, ils pourraient aller dans un autre pays, mais il a précisé que d'autres possibilités seront étudiées. Il a dit être disposé à se rendre dans les prisons pour dialoguer avec les guérilleros, et a expliqué que grace à ce geste le gouvernement espérait que les FARCs libèreraient les colombiens kidnappés."Le président m'a demandé, par conséquent, qu'en coordination avec d'autres autorités nous cherchions un mécanisme souple et rapide, dans le cadre de la loi en vigueur, qui permette cette libération", a indiqué le commissaire.Il a ajouté que le gouvernement pensait libérer un nombre important d'hommes des FARCs, il a dit ne pas devoir parler pour le moment d'un nombre. Ils pourraient être 100, 200 ou 300.
Commentaire:
Si effectivement, un grand nombre de détenus FARCs étaient libérés, cela constituerait un geste unilatéral fort du gouvernement colombien en direction de la guérilla. Ce serait même la réalisation avant l'heure d'un des points de l'accord sur l'échange humanitaire que le gouvernement colombien comptait négocier avec les FARCs.On pourrait voir là une inflexion de l'attitude du président Uribe, provoquée par les exigences du Congrès américain en matière de Droits de l'Homme. Ces exigences fermes ont jusqu'alors bloqué l'accord sur le Traité de Libre Echange que le président Uribe cherchait désespérément à obtenir ces dernières semaines.Dans les prochains jours, on devrait connaître l'attitude des FARCs face à l'annonce de ce geste de "bonne volonté" unilatéral auquel, sous peine de perdre sa crédibilité, la guérilla devrait logiquement répondre par une annonce également positive.
Il a confirmé que cette possibilité était étudiée et n'avait pas été écartée, en dépit du rejet exprimé par les parents des otages. Il a indiqué que la mise en oeuvre de cette option dépendrait des circonstances dans lesquelles se trouve la personne et si cela ne met pas sa vie en danger ou "si nous voyons que les risques sont minimaux".Le ministre a expliqué qu'ils procéderaient à ces actions militaires au cas où l'échange humanitaire avec la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC) ne pourrait avoir lieu.Il a également indiqué qu'ils travaillaient sur la possibilité que la libération d'Ingrid s'effectue à travers un échange, mais il a clairement affirmé que "si nous avons la possibilité de la délivrer militairement sans la mettre en danger ou avec un risque minimal, alors nous le ferons".Juan Manuel Santos a ajouté que le Gouvernement avait déclaré de manière insistante qu'il était prêt pour l'échange humanitaire, mais que l'obstacle résidait dans l'intransigeance des FARCs qui ne veulent pas en accepter quelques termes, entre autres, la zone de négociation. Ce groupe armé a posé comme condition la démilitarisation des zones de Pradera et Florida (département de Vallée du Cauca) pour pouvoir négocier avec la médiation des pays amis (Espagne, Suisse et France), mais le Gouvernement depuis le début a clairement posé que ce secteur était d'une importance militaire stratégique, et de ce fait ne pouvait pas être utilisé à de telles fins.