Infos Février 2007
27/02/2007: Raül Reyes annonce que les FARCs ne recevront pas de fonctionnaires ou d'émissaires du gouvernement colombien actuel:
Il a indiqué : "Nous acceptons de nous réunir avec des émissaires de gouvernements autres que celui de la Colombie, pour leur expliquer notre position concernant l'échange, ainsi que nous l'avons exprimé dans notre proposition de démilitarisation largement connue de l'opinion publique".Raül Reyes se référait à la condition posée par les FARcs que le gouvernement démilitarise les communes Florida et Pradera, dans le département Valle del Cauca, pour accepter de négocier l'échange de 57 de ses kidnappés par quelque 500 guérilleros emprisonnés.Il a clairement précisé que le seul espace possible pour des entrevues d'émissaires gouvernementaux avec les FARCs était cette zone, dégagée des forces publiques. De même, la position des FARCs concernant les guérilleros qui seraient libérés est qu'ils puissent choisir eux-mêmes de retourner ou non à la guérilla.
Commentaire:
Ce sont justement ces deux exigences que le président Uribe refuse catégoriquement d'accepter. La situation demeure donc figée.
Jeudi 22 février, le Président colombien, Álvaro Uribe, annonce qu'il allait intensifier l'offensive contre la guérilla en écartant ainsi toute possibilité d'accord pour libérer des otages. Dans le même temps, le chef de l'Etat a autorisé Mme Lucy de Gechen, l'épouse d'un otage détenu depuis cinq ans, à établir un contact direct avec la guérilla au nom des 57 familles de personnes séquestrées par les FARC pouvant être l'objet d'un échange humanitaire avec des guérilleros emprisonnés.Vendredi soir 23 février, il annonce à Bogota, par un communiqué présidentiel, qu'il était disposé à établir "un contact direct" avec la guérilla des FARCs. "Le gouvernement est disposé à un contact direct avec les FARC, sans intermédiaires".
Commentaire:
Ces annonces, à priori contradictoires, montrent bien que le président colombien n'est disposé à négocier qu'à ses propres conditions, ce qui signifie qu'il refuse de fait toute négociation.Saisissant l'opportunité d'un flottement susceptible d'apparaître dans la position française, à cause de la proximité d'élections et de critiques récentes sur l'attitude du gouvernement, Álvaro Uribe pourrait utiliser cette "fenêtre de tir" pour lancer des opérations militaires d'envergure, principalement pour tenter de libérer Ingrid Bétancourt. Quelle qu'en soit l'issue, il serait gagnant: en cas de succès cela démontrerait qu'il avait raison, en cas d'issue fatale, il se réfugierait derrière le fait qu'il la croyait à l'abri hors des frontières colombiennes (ce qu'il a récemment prétendu) et il serait alors affranchi de la pression internationale qui faiblirait à coup sûr très rapidement.Le risque d'opérations militaires n'a donc jamais été aussi grand qu'aujourd'hui.
Ces difficultés proviennent du refus du gouvernement colombien d'accepter un échange aux conditions qu'exigent les FARCs. "Nous avons eu quelques difficultés avec la France au sujet de l'accord humanitaire, mais Paris a reçu toutes nos autorisations pour gérer la recherche de cet accord et nous lui avons expliqué toutes les raisons de nos exigences", a indiqué Álvaro Uribe.Le gouvernement français de Jacques Chirac a insisté auprès d'Uribe sur la nécessité "de reprendre le dialogue" avec la guérilla pour chercher à conclure l'échange de 57 otages - au nombre desquels se trouvent Ingrid Betancourt, trois Américains, des politiciens, des policiers et des militaires - par 500 rebelles emprisonnés.
2 - Selon Alvaro Uribe Ingrid Betancourt se trouve peut-être à l'étranger:
Le président colombien Alvaro Uribe n'écarte pas la possibilité qu'Ingrid Betancourt se trouve détenue à l'étranger. Il souhaite que la France aide son pays à localiser l'endroit où se trouvent les otages des FARCs, dont Ingrid Betancourt, mais il exclut une participation française à leur libération.Il a affirmé qu'il était très important de savoir si Ingrid Betancourt se trouvait en Colombie ou si elle avait été emmenée dans un pays étranger. Interrogé pour savoir si ce pays étranger pourrait être l'Equateur ou le Venezuela, le président colombien a répondu: "je ne me réfère à aucun pays en particulier. Ces dernières semaines, nous avons reçu des informations selon lesquelles elle se trouverait à l'étranger. Il est possible que les FARC l'aient exfiltrée et qu'elle soit maintenant hors de Colombie".Il a également souligné que son gouvernement allait continuer à chercher à obtenir, soit un accord humanitaire raisonnable, soit la libération par des moyens militaires.
Le nouveau chef de la diplomatie colombienne, Fernando Araujo vient de remplacer l'ancienne ministre éclaboussée par le scandale des liens entre politiciens et milices paramilitaires qui secoue actuellement le pays.Fernando Araujo qui n'est autre que l'otage évadé le 31 décembre 2006 des griffes des FARCs , après une captivité de six ans, a réaffirmé ce lundi 19 février qu'il préconisait la force pour libérer les otages, prisonniers de la guérilla. Y renoncer serait, selon lui, accorder une impunité aux délinquants.
Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, le vice-président colombien Francisco Santos a affirmé qu'il n'y aurait pas d'opération militaire de sauvetage des otages sans une certitude totale de son succès.Il a également confirmé qu'il n'y avait pas de conversations en cours avec les FARCs, mais a affirmé que si la guérilla faisait un geste en revenant sur ses conditions, actuellement inacceptables par le Gouvernement colombien, celui-ci était disposé à s'asseoir à la table des négociations. La solution est entre leurs mains ", a-t-il ajouté.Il a indiqué ne pas savoir si les discussions entre les FARCs et le groupe des pays facilitateurs, Espagne-France-Suisse, avaient repris, mais s'est déclaré convaincu que ce groupe travaillait actuellement à la question.Il a dit aussi ne pas être en mesure de confirmer avec certitude qu'Ingrid Bétancourt était vivante, mais néanmoins être convaincu qu'elle l'était, parce que, dans le cas contraire, les FARCs, n'étant pas des idiots, ne continueraient pas à parler d'elle, et l'annonceraient.
L'Espagne, la France et la Suisse ont repris leur discussions vendredi à Genève en vue de faciliter la négociation d'un accord humanitaire en Colombie et aboutir à la libération des personnes retenues en otages par la guérilla des FARC.Les trois pays ont renouvelé à cette occasion leur proposition de garantir la sécurité dans une zone où se tiendrait la rencontre envisagée entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARCs).Les gouvernements d'Espagne, de France et de Suisse réitèrent d'autre part leur demande de recevoir le plus vite possible des preuves de vie des personnes détenues par les FARC.
Dans un programme d'informations de la deuxième chaine de télévision de Managua, l'ex président Ernesto Samper a indiqué qu'il s'était réuni avec le président Ortega et qu'il lui avait fait la proposition de servir d'intermédiaire entre le gouvernement colombien et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARCs)."Nous pensons que le président Ortega est une personne qui d'une certaine manière, par la connaissance qu'il a de la réalité colombienne, pourrait garantir le rapprochement (entre le Gouvernement et le Farc) qui ne s'est pas produit à cause de la grande méfiance existant entre les deux parties", a indiqué l'ex chef d'État.Selon Samper, Ortega aurait répondu que s'il y avait une demande expresse des FARCs, il prêterait volontiers ses bons offices et contribuerait "avec plaisir" à un rapprochement en vue d'amener les parties à la table des négociations.L'ex chef d'État a souligné qu'entre les présidents Álvaro Uribe, de la Colombie, et Daniel Ortega, du Nicaragua, les relations étaient bonnes.Samper a également plaidé pour une sortie négociée du problème des kidnappés et contre un sauvetage militaire des captifs, puisque ceci serait très douloureux.
1 - Le Gouvernement des USA a demandé aujourd'hui aux Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARCs) de remettre en liberté tous les otages qu'ils détiennent, entre autres les trois Américains kidnappés le 13 février 2003, il y a exactement quatre ans."L'objectif des Etats-Unis est la libération en toute sécurité de tous les otages, et nous demandons aux FARCs de les libèrer de manière sûre et immédiate", a déclaré Barbara Rocha, la porte-parole du Département d'État."Les terroristes des FARC ont mis les otages en danger, et nous leur faisons porter complètement la responsabilité de leur santé et de leur sécurité", a-t-elle ajouté. La porte-parole a fait ces déclarations le jour du quatrième anniversaire du kidnapping des contractants américains Keith Stansell, Marc Gonsalves et Thomas Howes.
2 - Le chef du Commandement Sud des Etats-Unis a dit hier que le sauvetage des trois Américains kidnappés par les FARCs il y a quatre ans était une priorité des Forces Armées des Etats-Unis, au moment où s'avive en Colombie le débat autour de la convenance de cette politique."Nous leur devons nos meilleurs efforts, tout au long de la journée, tous les jours, pour les rammener à la maison auprès de leurs familles. C'est pourquoi je considère leur sauvetage comme la priorité numéro un du Commandement Sud ", a dit l'amiral James Stavridis.Stavridis a pris part hier une cérémonie en commémoration des quatre années du kidnapping des trois américains, le 13 février 2003.
Commentaire:
C'est, semble-t-il, la première fois que les Etats-Unis prennent part au débat sur la libération des otages de Colombie. Leur message est conforme à leur attitude officielle habituelle. Ils demandent la libération immédiate et sans conditions de tous les otages, et annoncent (utilisation du terme "sauvetage") que si elle ne se fait pas rapidement, ils utiliseront la force. Cependant, l'évocation de "meilleurs efforts quotidiens" indique plutôt une notion de durée, laissant peut-être encore la porte ouverte à de possibles négociations.La pression sur les FARCs est donc actuellement en train de s'accroître notablement du fait de l'annonce préalable par les intervenants potentiels que la garantie de sécurité des otages n'incombe qu'à ceux qui les détiennent. Ils s'exonèrent ainsi, par avance, de toute responsabilité dans des "bavures" inévitables, voire provoquées.Le risque d'interventions militaires se précise ainsi dangereusement, et, sans reprise rapide de négociations avec avancées tangibles, elles semblent devenues inéluctables.
C'est ce qu'a affirmé Raül Reyes, chef de la guérilla des FARCs, en référence à l'affirmation du président colombien, Álvaro Uribe, selon laquelle 2007 sera "une année cruciale pour le sauvetage".Selon Reyes, les mots d'Uribe ratifient sa politique de guerre, par laquelle il privilégie le sauvetage par la force, même au prix de la vie des prisonniers, tandis que se consume indéfiniment la possibilité d'un échange. Le commandant partisan a insisté sur le fait que la tentative de libération par les forces de l'État entraîne des risques pour la vie des kidnappés aux mains des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARCs), parce que dans ces moments il y a feu croisé.La guérilla ne libérera pas unilatéralement d'otages malades, parce qu'elle a son infrastructure médicale propre qui leur fournit les médicaments dont chacun a besoin, a ajouté Reyes.Samedi, le président Uribe avait réitéré l'affirmation selon laquelle le Gouvernement était disposé à un échange "raisonnable", mais n'avait pas écarté la possibilité de tentatives de sauvetage par les forces de l'État. Il a ajouté que les délégués des gouvernements d'Espagne, France et Suisse, avec l'aide d'une autre personne dont le nom n'a pas été révélé, disposaient d'une autorisation pour chercher un rapprochement avec les FARCs, pour un accord humanitaire éventuel.
Le président Alvaro Uribe a réitéré la volonté de son gouvernement de réaliser un accord humanitaire avec les FARCs, mais il a souligné que ce devait être un accord "raisonnable". Le président a parlé du sujet lors du Conseil Communal de La Unión, département de Nariño.A propos de l'accord "raisonnable", il a expliqué qu'il ne peut pas permettre de zones démilitarisées ni ne pas empêcher non plus que les guérilleros qui sortent de prison ne retournent à la guérrilla, c'est pourquoi il a dit qu'il devait y devoir un compromis clair de ne pas retourner dans les montagnes.Uribe a indiqué qu'il n'est pas exclusif de penser à la fois à un accord humanitaire et en même temps à des sauvetages militaires, en faisant valoir que ce qui est véritablement important; c'est de les libérer.Le président a donné également l'information selon laquelle certaines sources indiqueraient que certains otages auraient étés déplacés hors de Colombie.
Il a indiqué également qu'il insistait auprès du gouvernement français pour que celui-ci apporte une aide militaire au sauvetage des personnes sequestrées, et qu'il ne se focalise pas uniquement sur un accord humanitaire.
Commentaire:
Dans cette déclaration, le président colombien n'apporte aucune avancée dans sa position. elle est même en recul par rapport à celle qui se dessinait fin octobre, avant la rupture des contacts.Le fait que certains otages auraient été déplacés hors de Colombie, si c'est exact, tendrait à montrer que les FARCs veulent éviter certains risques de "bavures" préjudiciables à leur image lors d'éventuelles tentatives de sauvetage militaire. Les déplacés seraient-ils alors des figures importantes parmi les échangeables.L'insistance du président colombien à obtenir une aide dite "militaire" du gouvernement français est en en fait un chant de sirène qui dit: comme vous n'avez pas réussi par la voie du dialogue à convaincre les FARCs, aidez-nous avec vos moyens spécialisés à libérer les otages (quels otages?) par la force. Espérons que le gouvernement français, même lassé des échecs successifs des tentatives pacifiques, restera sourd à ce chant tentateur et poursuivra dans la voie de la négociation.
"Il n'est pas certain que les FARCs aient fermé la porte des discussions avec l'Eglise catholique. La guérilla a manifesté sa disponibilité à dialoguer avec nous, mais nous a fait valoir les difficultés pour se rencontrer à cause des opérations militaires dans diverses zones du pays. Il faut faire appel à un dialogue immédiat, qui est nécessaire comme porte de sortie unique à ce problème.Les contacts directs ont été retardés et c'est regrettable. Je ne puis pas l'interpréter comme si la guérilla ne voulait pas dialoguer, mais elle agit ainsi pour protester contre les opérations militaires. Je crois qu'avec un peu de bonne volonté on trouvera les moyens de se rencontrer directement. La guérilla n'est pas peut-être encore disposée à faire face aux problèmes posés par l'accord humanitaire. Mais quand elle le voudra, on pourra trouver la manière et les lieux."
"Si les FARCs cessent les attaques terroristes, nous leur offrons de s'asseoir à la table des négociations pour rechercher la paix, et le gouvernement colombien sera, comme il a toujours été, très généreux. Mais avec la poursuite de l'utilisation du terrorisme comme forme de lutte, il est très difficile d'accepter de discuter avec elles ", a-t-il ajouté. "Les FARC, s'éloignent toujours plus des réalités politiques contemporaines, ils sont de plus en plus isolés, 98 pour cent de la population colombienne les rejette", il a-t-il appuyé.
Il a ajouté que l'Union Européenne pouvait aider beaucoup plus à la lutte contre le trafic de drogues et le terrorisme et à la recherche de la paix dans le pays. Dos Santos a expliqué que le gouvernement colombien attend de l'Union un appui politique et financier à la "phase de consolidation" de la démocratie dans laquelle, à son avis, se trouve la Colombie.
Pendant la période 2001-2006, la Commission Européenne a alloué 330 millions d'€uros à la coopération avec la Colombie - chiffre auquel il faut ajouter l'aide bilatérale des États membres de l'UE. Cependant, le volume de l'aide s'est adressé aux victimes du conflit interne, aux "laboratoires de paix" - projets de développement socio-économique pour fonder les bases de la coexistence pacifique -, à la promotion des droits humains et à la propreté de zones minées, selon des sources communautaires.
Commentaire:
L'Europe qui globalement fournit une aide financière importante à la Colombie pourrait, en contrepartie, inciter fermement le Gouvernement colombien à reprendre des négociations en vue d'un échange humanitaire avec les FARCs. On comprend mal son attitude fort réservée sur le sujet. Y aurait-il des raisons économiques à cette timidité (l'Europe est le premier investisseur en Colombie).
Le président colombien Alvaro Uribe a demandé à la France de l'aider à libérer les otages de la guérilla par la force. "Nous voulons demander aux pays intéressés par un accord humanitaire qu'ils nous aident à la libération des séquestrés par le biais de nos forces armées et de la justice", a déclaré M. Uribe, mercredi 31 janvier."Nous aider dans le domaine de la sécurité ne signifie pas que des troupes françaises vont venir participer au sauvetage d'Ingrid Betancourt, mais que des pays comme la France, intéressés par un échange humanitaire entre des guérilleros et des otages, collaborent à la libération des otages par la force, par le biais de l'aide technologique, du renseignement et des équipements", a-t-il ajouté.M. Uribe a indiqué qu'"une mission européenne, autorisée par le gouvernement, travaille actuellement en Colombie à rechercher un accord humanitaire". La France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé, en décembre 2006, la création d'une zone démilitarisée sous contrôle international pour négocier l'échange, mais la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) avait repoussé la proposition.
C'est ce qu'a déclaré le sous-secrétaire d'État américain pour l'hémisphère sud, Thomas Shannon. " de notre point de vue, la politique de ce gouvernement (celui du président Álvaro Uribe) est très juste en ce qui concerne la manière d'essayer de libérer les otages. Nous avons très confiance dans ce gouvernement ", a assuré Shannon.
Le fonctionnaire a donné une conférence de presse au siège de l'ambassade américaine à Bogota, où il a fait le bilan d'une visite de trois jours. "La liberté des kidnappés est quelque chose très important pour la Colombie et pour tous les pays qui ont des citoyens détenus par les différents groupes armés", a ajouté Shannon. Il a rappelé que ce sont "les FARCs qui, finalement, ont la responsabilité de délivrer les kidnappés".
Mardi, Uribe a notifié à la direction de la Police colombienne que l'année 2007 était cruciale pour délivrer les otages, faisant ainsi fi de la demande des parents d'otages, du gouvernement français et de certaines ONG, pour qu'il renonce à ces opérations.